Quelle argile pour les santons ?

Quelle argile pour les santons ?

L’argile est le matériau utilisé pour les santons de Provence.

 

Qu’est-ce que l’argile ?

L’argile désigne une matière rocheuse naturelle à base de silicates ou d’aluminosilicates hydratés de structure lamellaire, provenant en général de l’altération de silicates à charpente tridimensionnelle, tels que les feldspaths. Elle peut être une matière localement abondante, très diverse, traitée ou raffinée avant emploi, à la fois meuble ou plastique (souvent après addition d’eau) ou à pouvoir desséchant, absorbant ou dégraissant, voire à propriétés collantes ou encore réfractaires, pour servir par exemple autrefois selon des usages spécifiques, souvent anciens, au potier et au briquetier, au maçon et au peintre, au teinturier et au drapier, au verrier et à l’ouvrier céramiste.

En réalité, le terme issu du latin argilla peut s’appliquer au choix à un minéral argileux et à un ensemble de minéraux argileux, ainsi qu’à diverses roches composées pour l’essentiel de ces minéraux. Les roches de la classe des lutites peuvent être l’argilite, l’argilolite ou argilotite, les shales à l’exclusion des schistesmétamorphisés. Les argiles sont des roches sédimentaires clastiques. Lorsqu’elles renferment du calcaire, trois sous-classes sont définies entre le pôle argile et le pôle calcaire en fonction de l’augmentation de la teneur en calcaire : argile calcaire puis marne et enfin calcaire argileux. Les argiles riches en silicegélatineuse, soluble dans les alcalis, se nomment gaizes. Le limon ou le lehm désignent des argiles renfermant des particules siliceuses et accessoirement des pigments minéraux comme la limonite ou la goethite. Le lœss est un dépôt de couleur jaunâtre d’origine paléoglaciaire composé principalement d’argiles et de fines particules calcaires et siliceuses.

Dans un sens étendu, il s’agit aussi d’un sédiment composé de particules fines issues de l’altération de diverses roches (processus appelé argilisation), parfois des roches sédimentaires argileuses métamorphisées en schistes. C’est pourquoi le monde paysan conscient de cette matière divisée fondamentale pour le développement de la vie par sa rétention d’eau qualifiait d’argiles au sens générique les limons et les terres grasses ou dégraissantes, molles ou malléables suivant leur degré d’humidité, susceptibles de se durcir à sec en plaques qui se rétractent et fendillent au soleil ou bien de libérer au vent ou par grattage léger de fines poussières de cette matière devenue friable et cassable, de s’amollir à l’eau et de générer en milieux humides après tassements répétés des boues colorées plus ou moins liquides, plus ou moins salissantes, plus ou moins collantes. Il savait que l’adjonction d’argiles rend plus ou moins rapidement les terres imperméables, au contraire du sable fin perméable. Une terre argileuse peut être lourde et compacte, résistante et difficile au labour, se durcissant en croûtes épaisses parfois plus ou moins craquelées lors des sécheresses.

Le potier et le maçon savaient reconnaître l’argile verte ou la terre glaise des argilières, avec laquelle ils pouvaient préparer une matière de base pour leur art, le premier une forme pour une poterie spécifique, le second en fabricant un ciment ou une chaux hydraulique. Les hommes des métiers du feu distinguaient les argiles fusibles, comme les argiles figulines appréciés pour les faïences communes, les briques et les tuiles et les argiles smectiques, en usage pour dégraisser les draps comme terre à foulon, des argiles infusibles, telles que le kaolin ou diverses argiles plastiques. Les peintres antiques connaissaient déjà les argiles ocreuses tout comme les modestes constructeurs en terres argileuses utilisaient sans le savoir les propriétés de l’argile colloïdale.